Dès qu’un animal est malade ou blessé, son détenteur a l’obligation de le soigner ou le faire traiter en fonction de son état. Les soins médicaux, la prescription de médicaments relèvent exclusivement de la compétence du vétérinaire. Malgré cela, on voit encore trop souvent des personnes se tourner vers de prétendus spécialistes sur les réseaux sociaux et en tirer des conclusions parfois dangereuses pour l’animal.
Cela ne signifie pas pour autant qu’on ne puisse rien faire. Dans certaines situations bénignes, des « petits soins » peuvent être prodigués en première intention, notamment :
- le nettoyage et la désinfection de petites plaies superficielles ;
- l’intervention lors de troubles légers de l’état de santé sans fièvre, comme une indigestion, une constipation ou une diarrhée passagère ;
- une aide limitée à la mise bas, uniquement lorsque le déroulement est sans signe de complication ;
- les soins d’hygiène courants : nettoyage des oreilles, des glandes anales, coupe des ongles, parage des sabots et onglons, bains ou brossage ;
- l’application de traitements antiparasitaires externes.
En revanche, le recours au vétérinaire est indispensable dès que la situation dépasse ces cas simples. Son intervention est notamment requise en présence de :
- fièvre ou de troubles graves de l’état général ;
- vomissements fréquents ou de ballonnement abdominal ;
- traumatismes importants à la suite d’un accident, de blessures étendues, de fractures, de boiteries sévères, de paralysie ou d’un état comateux ;
- plaies profondes ou étendues nécessitant une suture ;
- toute intervention chirurgicale ;
- mise bas avec complications ;
- administration de tranquillisants ou de toute injection de médicaments ;
- évaluation et pratique de l’euthanasie ;
- prises de sang, vaccinations ou injections de sérum ;
- administration de médicaments présentant une toxicité à haute dose, dont le dosage doit être précisément prescrit ;
- prescription d’antibiotiques ou dosage d’un vermifuge.
L’exercice de la médecine vétérinaire repose également sur des principes éthiques. Il s’agit notamment de ne pas prolonger inutilement la souffrance lorsqu’une issue fatale est prévisible ou lorsque les traitements entrepris n’apportent aucune amélioration réelle du bien-être et du confort de vie de l’animal.
Par ailleurs, certaines interventions sont parfois réclamées par des clients parce que vues ou autorisées à l’étranger. En Suisse, elles sont strictement interdites par la loi, y compris pour les vétérinaires. C’est le cas, par exemple, de l’amputation des griffes chez les chats, de la coupe des oreilles ou de la queue chez les chiens et autres animaux, de la suppression des organes vocaux ou de tout procédé visant à empêcher un animal de s’exprimer, ainsi que de l’administration de substances dopantes.
« Docteur, faites l’impossible pour le sauver. » Cette phrase pleine d’amour traduit parfois le désir de prolonger la vie d’un animal de quelques jours ou de quelques semaines supplémentaires. Or, cette prolongation peut s’accompagner de souffrances ou d’un mal-être important, jusqu’à ce que l’on atteigne une « belle mort », qui n’en est pas une puisqu’il s’agit bien souvent d’une agonie.
On devrait demander au vétérinaire ce qu’il ferait s’il s’agissait de son animal ; cela permet de demander l’avis d’un spécialiste, hors de l’émotion que nous vivons. Il y a ce qu’on peut faire et ce que la déontologie dicte. L’acharnement thérapeutique est contraire à la dignité de l’animal.
Source : Courrier des Bêtes, avril 2026, no 530
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