Malgré une très bonne législation, la protection des animaux n’est pas assurée

La législation fédérale sur la protection des animaux a pour but de garantir le bien-être et la dignité de l’animal. Son application incombe aux autorités cantonales, qui sont tenues de signaler aux autorités fédérales les décisions rendues en matière d’infractions à cette législation. Les statistiques publiées ces dernières années permettent de dégager certaines tendances, même si elles ne reflètent vraisemblablement qu’une partie des situations réellement constatées.

Des infractions qui restent fréquentes

Les dernières données disponibles concernant les procédures et condamnations pour infractions à la loi sur la protection des animaux, soit 751 cas en 2021, montrent que les cas de mauvais traitements et de négligence continuent d’être signalés chaque année dans notre pays. Les autorités reconnaissent elles-mêmes que le nombre réel d’infractions est probablement bien plus élevé, toutes les situations ne faisant pas l’objet d’une dénonciation ou d’une décision pénale. Les chiffres officiels ne doivent donc être considérés que comme indicatifs.

Un autre élément préoccupant ressort des statistiques englobant les animaux abandonnés qui ont été accueillis et soignés en vue d’être replacés. Le nombre d’animaux recueillis par les refuges en Suisse demeure historiquement très élevé et a même connu régionalement une nouvelle augmentation en 2024, dépassant 32’000 prises en charge en une seule année.

Ces deux chiffres confirment que les abandons, les négligences et les manquements aux devoirs élémentaires des détenteurs restent fréquents, malgré les obligations légales en vigueur et les efforts de sensibilisation entrepris depuis de nombreuses années.

L’expérimentation animale toujours d’actualité

Les chiffres relatifs à l’expérimentation animale appellent également à la prudence. Plusieurs centaines de milliers d’animaux sont encore utilisés chaque année en Suisse dans le cadre de recherches scientifiques, soit 532’636 en 2024. Bien qu’une légère diminution de 12% ait été observée ces dernières années, le nombre d’animaux concernés demeure important et continue de susciter des interrogations quant à la nécessité de certains essais et à la recherche de méthodes alternatives.

De plus, on remarque que les expériences les plus douloureuses pour les animaux, bien que minoritaires, sont elles en augmentation.

Des sanctions jugées trop clémentes

Lorsque des sanctions pour les infractions à la loi sur la protection des animaux sont prononcées, il apparaît que les peines pécuniaires restent la norme et sont souvent malheureusement assorties du sursis. Les peines privatives de liberté demeurent rares. Une telle pratique ne contribue pas assez à prévenir la récidive et ne reflète pas la gravité des atteintes au bien-être des êtres vivants qui en sont victimes.

Une vigilance de tous les instants

Ces différents éléments montrent que, malgré une législation suisse reconnue comme avancée, la protection effective des animaux dépend encore largement de la vigilance des autorités, des organisations protectrices et du public. Pour la SVPA, une application rigoureuse des lois et des sanctions réellement dissuasives sont indispensables.

On se prend à rêver d’un monde où les SPA ne seraient plus nécessaires. Les chiffres nous rappellent malheureusement que la protection des animaux n’est pas acquise et exige une sensibilisation répétée et constante.

Source : SVPA Courrier des Bêtes, août 2026, n°532.

Crédit image: Ilsegret Messerknecht ©️