Loi sur les chiens : le Grand Conseil valaisan renvoie le projet au Conseil d’État

ANIMAUX DOMESTIQUES Test de conductibilité, taxe cantonale et RC collective : le projet de nouvelle loi sur les chiens ne passe pas l’étape du Grand Conseil. Par 90 non contre 34 oui, les députés valaisans l’ont renvoyé au Conseil d’État.

Le 8 septembre 2026, le Grand Conseil valaisan a décidé de renvoyer au Conseil d’État le projet de loi sur la détention des chiens. Un tel renvoi reste relativement rare au sein du législatif valaisan.

CE QUE PRÉVOYAIT LE PROJET

Par rapport à la situation actuelle, le texte introduisait un test de conductibilité pour acquérir un nouveau chien. Il prévoyait aussi une taxe cantonale, qui se serait ajoutée à la taxe communale existante, ainsi que la création d’une RC cantonale.

UNE « LOI MAMMOUTH » POUR LES OPPOSANTS

Le groupe PLR a demandé le renvoi d’un texte qu’il qualifie de « loi mammouth » et qui, selon lui, va trop loin. « Nos libertés risquent de se retrouver en laisse », a déclaré Michaël Hugon. Le groupe conteste notamment la nouvelle taxe cantonale et demande de faire d’abord appliquer la loi actuelle.

Le groupe du Centre haut-valaisan a lui aussi demandé le renvoi, jugeant que le projet contenait « beaucoup trop de règles ». Du côté du Centre du Valais romand, Charlotte Thétaz a indiqué « être tombée sur un os » en étudiant le texte. Elle estime que la demande des députés n’a pas été suivie et que cette loi de 42 articles va trop loin. Son groupe a résumé sa position sur Facebook : « La réforme va beaucoup trop loin : renvoyons la (ba)balle au Conseil d’État. »

Pour l’UDC, Nadine Reichen a notamment regretté l’impact des nouvelles dispositions sur les personnes âgées. Selon elle, la loi « n’amènera rien de plus au niveau de la sécurité », mais apportera une nouvelle taxe et de la bureaucratie. L’UDC a également demandé le renvoi.

300 MORSURES PAR AN : L'ARGUMENT DES PARTISANS

Le groupe PS a accepté d’entrer en matière, estimant que la loi répond à une nécessité. Le député vert Emmanuel Revaz a rappelé que 20 cantons disposent d’une loi dédiée aux chiens. Il voit un enjeu important pour le Valais, qui compte 27 000 chiens et doit faire face à 300 morsures par an.

Le conseiller d’État Mathias Reynard a lui aussi mis en avant l’augmentation des morsures. Il a rappelé que la révision avait été engagée à la demande des députés, à travers plusieurs interventions acceptées. « Il n’y a aucun monstre bureaucratique », a-t-il affirmé. Il a également relevé que les 13 membres de la commission, issus de tous les groupes, avaient accepté l’entrée en matière à l’unanimité.

ET MAINTENANT ?

Le dossier retourne au Conseil d’État. Il n’y aura donc pas de nouvelle loi pour les détenteurs de chiens en Valais dans l’immédiat.

L'ESSENTIEL EN BREF

  1. Vote : le projet est renvoyé au Conseil d’État par 90 non contre 34 oui.
  2. Mesures écartées pour l’instant : le test de conductibilité, la taxe cantonale et la RC cantonale.
  3. Critiques : une loi jugée trop lourde, avec trop de règles, une nouvelle taxe et davantage de bureaucratie.
  4. Défense du projet : 27 000 chiens dans le canton, 300 morsures par an et 20 cantons déjà dotés d’une loi dédiée.